Faut-il virer Audrey Pulvar ?

La chroniqueuse d’On n’est pas couchés m’est franchement antipathique. Son prédécesseur à ce poste, le fameux Éric Zemmour, l’avait ouvertement et frontalement qualifiée de digne représentante de la boboïtude la plus aboutie et de la gauche bien-pensante et convaincue de détenir la clé de la vérité morale et humaniste. La récente passe d’armes entre Audrey Pulvar et le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé a « fait le buzz » et une pétition a été lancée contre la dame jugée trop partiale.

Continuer à lire ‘Faut-il virer Audrey Pulvar ?’

Le Wall Street Journal et l’immigration en France

Dans un édito plutôt très bien envoyé, le quotidien business de tendance conservatrice qu’est le Wall Street Journal renomme le président français « Nicolas Le Pen », critiquant fortement son discours contre une immigration massive.

Cette petite nouvelle fait frémir la twittosphère, mais cela n’a rien d’intéressant si ce n’est qu’il est ironique de voir le petit monde médiatique qui, il y a quelques mois, demandait sottement la tête de Rupert Murdoch sur un plateau d’argent, chanter aujourd’hui les louanges d’un des journaux phare de News Corp. dont le soutien au parti républicain américain n’est un secret pour personne.

Continuer à lire ‘Le Wall Street Journal et l’immigration en France’

Les tristes heures de la presse française

On ne se souviendra peut-être pas de cette campagne tant elle n’a rien d’extraordinaire quant aux idées avancées et à la personnalité des candidats. Dans les deux principaux camps politiques, le coeur n’y est pas vraiment. En revanche, cette période électorale restera dans mon souvenir comme celle où la presse française a atteint des tréfonds de médiocrité.

Il ne fait aucun doute qu’une très vaste majorité des journalistes et assimilés souhaite l’élection du candidat socialiste François Hollande. Il n’y a pas besoin de sondage pour cela : il suffit de regarder les titres de la presse et l’attention des nos grands journaux nationaux. Tandis que Le Figaro roule toujours pour la majorité avec la bêtise partisane qui le caractérise depuis plusieurs années, les autres grands quotidiens comme Le Monde ou Libération (si tant est qu’ils méritent un tel épithète) ne cachent pas leur soutien à François Hollande, quitte à abandonner pour de bon leur mission d’information et à user sans vergogne de leur statut sacré de « poumon de la démocratie ».

En témoigne cette Une très sournoise de Libération qui, quelques mois plus tôt, vendait ses pages comme un vulgaire tract du PS : « C’était Sarkozy » annonce le hors-série, proclamant implicitement que l’élection est déjà jouée et que Hollande sera le futur chef de l’État. En pratique guerrière, on appelle ça saper le moral des troupes. Par ailleurs, en assommant l’opinion avec l’idée que la victoire socialiste est déjà là, les médias de gauche veulent rendre difficile toute contestation. Le pire dans tout cela, est que si un candidat de droite se risquait à émettre un avis ne serait-ce que confiant quant à la prochaine échéance électorale, ces individus gémiraient sur l’irrespect de ce candidat envers le peuple souverain. Deux poids, deux mesures.

Les exemples sont très nombreux : le programme de François Hollande, dont la stabilité et la solidité sont comparables à celles d’un flan sur son lit de caramel, n’est jamais sérieusement mis en cause par les journaux, tandis que celui de la droite (que je ne trouve pas parfait, loin de là) est soumis à l’insatiable « esprit critique » de notre caste médiatique.

Je vous invite à lire ce billet de la journaliste belge Charline Vanhoenacker qui suit le train de campagne de François Hollande. L’esprit de cour n’est pas qu’une tare de militants et de conseillers politiques : la valse des flagorneurs frappe de plein fouet les journalistes de gauche qui « se voient déjà l’Élysée » et filtrent ce qu’il faut publier pour ne pas abîmer l’image de leur poulain.

Pendant ce temps, le grand corps des journalistes parisiens se regarde le nombril en pensant aux deux reporters de guerre morts en Syrie : « Qu’elle est belle, notre profession ! » pensent-ils avant d’aller faire du mauvais esprit au sujet du meeting de Villepinte. Ça ne vous a jamais interpelés, vous, que Twitter ait autant de succès chez les journalistes ? À croire que les 140 caractères leur fournissent une bonne excuse pour n’avoir jamais rien d’intelligent à dire

Benoît XVI et la « pertinence » de l’Église

Ce qui suit est une traduction d’un article du Dr. Samuel Gregg, directeur de recherche à l’Acton Institute, paru le 8 mars 2012 dans Crisis Magazine. Titre original : Benedict XVI and the Irrelevance of « Relevance » ; version originale disponible ici. L’article est publié avec l’aimable autorisation de l’auteur.

Depuis les bientôt sept années du pontificat de Benoît XVI, il s’est révélé intéressant d’observer le changement progressif des critiques contre le Pape. Si l’on laisse de côté les personnes convaincues que le catholicisme devrait devenir ce qui ne serait rien de plus qu’un secte chrétienne-progressiste focalisée sur les problématiques politiquement correctes du moment, la dernière observation en date prétend que « le monde » est en train de perdre son intérêt pour l’Église catholique. Une variante de cette position repose sur l’idée que la décision du gouvernement irlandais de fermer son ambassade près le Saint-Siège en 2011 reflète le déclin général de la « pertinence » géopolitique de l’Église.

Continuer à lire ‘Benoît XVI et la « pertinence » de l’Église’

La nouvelle maladie hollandaise

Si le fameux « No, no, no ! » de Margaret Thatcher est un morceau d’anthologie en matière de refus politique, alors ma réaction est bien celle-là quand j’apprends que François Hollande veut créer une tranche d’imposition à 75% sur les revenus des personnes physiques au-delà d’un million d’euros annuels. Il s’agit d’un morceau typique de la démagogie la plus crasse que nous servent avec ardeur les élus politiques de ce pays.

Mes raisons sont au nombre de trois :

(1°) d’un point de vue moral, cette imposition est clairement inappropriée ;

(2°) d’un point de vue économique, elle n’est pas très maligne ;

(3°) enfin, d’un point de vue politique et social, elle est fondée sur une analyse bien trop étroite de ce phénomène des gros revenus.