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	<description>Croire en la résurrection</description>
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		<title>Au revoir, Sarko</title>
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		<pubDate>Mon, 07 May 2012 16:42:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hohenfels</dc:creator>
				<category><![CDATA[Élections 2012]]></category>

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		<description><![CDATA[D&#8217;ordinaire, je n&#8217;aime pas le pathos. La sentiments personnels sont trop souvent galvaudés et utilisés sans aucune sincérité pour gagner des points dans une conversation, surtout quand des sujets politiques sont en jeu. Pourtant la défaite de Nicolas Sarkozy hier soir m&#8217;a fait un petit quelquechose, en voyant disparaître de notre vie politique une tête [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-563" title="Sarkozy le départ bandeau" src="http://hohenfels.fr/wp-content/uploads/Sarkozy-le-départ-bandeau.jpg" alt="" width="500" height="250" /></p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;ordinaire, je n&#8217;aime pas le pathos. La sentiments personnels sont trop souvent galvaudés et utilisés sans aucune sincérité pour gagner des points dans une conversation, surtout quand des sujets politiques sont en jeu. Pourtant la défaite de Nicolas Sarkozy hier soir m&#8217;a fait un petit quelquechose, en voyant disparaître de notre vie politique une tête familière et un homme que, aujourd&#8217;hui encore, je ne puis m&#8217;empêcher de trouver sympathique. La défaite d&#8217;hier n&#8217;est pas une surprise mais cela n&#8217;empêche pas d&#8217;accuser le coup moins bien qu&#8217;on ne l&#8217;aurait souhaité.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-562"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Nicolas Sarkozy va manquer au débat français qu&#8217;il a habité pendant cinq années, directement ou non, en valsant allègrement sur l&#8217;air effréné de l&#8217;agenda médiatique et politique. Ses propositions et ses idées n&#8217;étaient pas toujours, selon moi, les meilleures, mais souvent elles avaient le mérite de franchir les barrières établies qui, pour des raisons que tout le monde a oubliées, enserraient et étouffaient l&#8217;échange d&#8217;idées en France. Cela a commencé longtemps avant sa présidence et, même si cette campagne de 2012 manquaient sans doute d&#8217;ardeur, elle a été placée sous le même signe : renverser la table des solutions convenues et inutiles. Des excès, dans le langage et dans les postures, et des abus liés à la fonction présidentielle (EPAD, France Télévisions&#8230;) il y en a certainement eu, mais que sont ces accrochages, au demeurant assez bénins, au regard de l&#8217;immense travail de rénovation du débat politique qu&#8217;il a été presque le seul à porter ?</p>
<p style="text-align: justify;">Le Président de la République qu&#8217;il sera jusqu&#8217;au 15 mai prochain est l&#8217;auteur de réformes emblématiques qui, quoique insuffisantes, ont commencé à dégripper un pays que tout le monde jugeait irréformable. Sans l&#8217;irruption dramatique de la grande crise économique qui empoisonne toujours le continent européen, celles-ci auraient sans doute eu plus d&#8217;ampleur : faire en sorte que les grévistes des transports soient astreints à un service minimum, faire assumer à sa majorité une deuxième réforme des retraites en deux législatures, réformer la vieille architecture ultra-administrative d&#8217;universités sclérosées par l&#8217;Unef, moderniser un tant soit peu l&#8217;économie française&#8230; C&#8217;est sans doute trop peu et trop noyé dans d&#8217;autres décisions politiques trop dirigistes, colbertistes, étatistes&#8211;mais c&#8217;est déjà beaucoup.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, si j&#8217;éprouve une certaine peine en ce lendemain d&#8217;élection, c&#8217;est que j&#8217;ai du mal à être aussi raisonnable que le grand perdant d&#8217;hier.</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai beaucoup souffert que l&#8217;institution que je représentais n&#8217;ait pas été respectée. Ne donnons pas le mauvais exemple. Nous aimons la France. Je ne serai jamais comme ceux qui nous ont combattus. Nous aimons notre pays.</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Malgré les tendances à minimiser ce phénomène ou même à le nier, j&#8217;ai le sentiment que la presse et l&#8217;opposition ont été plus que jamais insultantes, méprisantes et irrespectueuses dans leur façon d&#8217;effectuer leur métier sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Faut-il rappeler les fausses informations publiées par <em>Le Nouvel Obs</em> ? Les mises au pilori de ses ministres par <em>Libération</em> ou <em>Les Inrocks</em> ? Les titres de plus en plus biaisés du soi-disant &laquo;&nbsp;quotidien de référence&nbsp;&raquo; repris par les riches soutiens du candidat socialiste ? Sans compter le parti pris saisissant des journalistes et autres wannabes qui, Twitter m&#8217;en est témoin, n&#8217;ont jamais cessé de tourner un ridicule les figures de la majorité (et je ne parle pas que de Nadine Morano)&#8230; Faut-il rappeler l&#8217;acharnement de Médiapart et d&#8217;Edwy Plenel, dont la dernière sortie sur Kadhafi relèverait, apparemment, du <a href="http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=13761">bidonnage</a> le plus complet ? Et que dire de la couverture de cette campagne présidentielle où toutes les faiblesses du président élu ont été cachées à la va-vite sous le tapis tandis que certains tonnaient contre Sarkozy à coups de &laquo;&nbsp;Fouquet&#8217;s&nbsp;&raquo; et de &laquo;&nbsp;Bolloré&nbsp;&raquo;&#8230; La presse française a sombré très bas lors de cette campagne, très, très bas.</p>
<p style="text-align: justify;">Peut-être, dans quelques mois ou quelques années, les électeurs et les chroniqueurs, toujours sûrs d&#8217;eux, se lamenteront-ils de l&#8217;absence d&#8217;une figure comme Nicolas Sarkozy dans les rangs de la droite pour remuer le débat et lancer des pavés dans la mare. Dans quelques mois, il ne sera plus là.</p>
<p style="text-align: justify;">Au revoir, Sarko.</p>
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		<title>La querelle catholico-libérale</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Apr 2012 08:54:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hohenfels</dc:creator>
				<category><![CDATA[Christianisme et libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[controverse]]></category>
		<category><![CDATA[crise]]></category>
		<category><![CDATA[foi]]></category>
		<category><![CDATA[Justice et Paix]]></category>
		<category><![CDATA[libéralisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Article publié sur Antidoxe.eu. En ce lundi de Pâques, la délicieuse lecture d&#8217;un billet intitulé « Si l&#8217;AFP existait en 33&#8230; » sur Le temps d&#8217;y penser m&#8217;a emmené plus loin dans les articles rédigés par son auteur, Incarnare : je suis donc tombé sur un texte posté en novembre dernier, « Pour un libéralisme bien compris », lequel répondait à deux autres billets [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Article publié sur <a href="http://antidoxe.eu/2012/04/11/la-querelle-catholico-liberale/">Antidoxe.eu</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://hohenfels.fr/wp-content/uploads/xst-pantocrator.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-552" title="xst pantocrator" src="http://hohenfels.fr/wp-content/uploads/xst-pantocrator.jpg" alt="" width="500" height="220" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">En ce lundi de Pâques, la délicieuse lecture d&#8217;un billet intitulé <a href="http://www.letempsdypenser.fr/2012/04/si-lafp-existait-en-33/">«<em> Si l&#8217;AFP existait en 33&#8230;</em> »</a> sur <em>Le temps d&#8217;y penser</em> m&#8217;a emmené plus loin dans les articles rédigés par son auteur, Incarnare : je suis donc tombé sur un texte posté en novembre dernier, <a href="http://www.letempsdypenser.fr/2011/11/pour-un-liberalisme-bien-compris/">« <em>Pour un libéralisme bien compris</em> »</a>, lequel répondait à deux autres billets respectivement de <a href="http://charlesvaugirard.wordpress.com/2011/11/07/lettre-ouverte-a-mon-frere-chretien-liberal-economique-bien-sur/">Charles Vaugirard</a> et de <a href="http://plunkett.hautetfort.com/archive/2012/04/08/l-eglise-catholique-et-la-campagne-presidentielle.html#more">Patrice de Plunkett</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Incarnare répond, avec un agacement apparent, aux deux autres blogueurs catholiques, qui se sont, selon lui, fait « une respectabilité à peu de frais » en dénonçant le libéralisme économique, tendance qui est on ne peut plus conventionnelle dans le débat politique national&#8230; depuis belle lurette.</p>
<p style="text-align: justify;">Puisque ce jour est férié et que j&#8217;ai un peu de temps, j’ai pensé que je pourrais bien mettre mon grain de sel dans cet échange, quitte à arriver plusieurs mois après la bataille. Je laisserai de côté le billet de Plunkett, qui ne consiste en fait que dans la relation de propos tenus par Jean Arthuis et qui servent de prétexte au blogueur pour se payer les « idéologues libéraux ».</p>
<p style="text-align: justify;">S&#8217;il est difficile de démêler l&#8217;écheveau des critiques antilibérales formulées par certains catholiques, d’autant plus qu’il est bien souvent gâté par quelques clichés sommaires ou des déclarations à l&#8217;emporte-pièce, je vais essayer ici d’y remettre de l&#8217;ordre et d&#8217;y répondre au mieux.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-551"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La querelle intellectuelle : « Qui est l’homme ? »</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il y aurait une contradiction fondamentale et irréductible entre le libéralisme et le christianisme sur la conception de l&#8217;homme. À cette affirmation, je ne peux faire qu’une réponse de normand : oui et non. Cela dépend en réalité de quel libéralisme on parle (et je salue au passage la formulation retenue par Incarnare qui parle de « libéralisme bien compris »).</p>
<p style="text-align: justify;">Car tous les libéralismes ne se valent pas. D&#8217;un côté on peut parler des libéraux « classiques » qui se sont contentés de dénoncer les abus du pouvoir et de faire valoir les droits inaliénables des personnes contre l&#8217;arbitraire, une fiscalité excessive, des intrusions dans la vie privée etc. Sans cette défense des droits fondamentaux, arguent-ils, on court à la privation des libertés et à l’atteinte à la dignité humaine.</p>
<p style="text-align: justify;">De l&#8217;autre côté se trouvent des libéraux « intégraux » qui veulent promouvoir un individu sans cesse plus libre des contingences sociales. Cette seconde tendance se manifeste par la promotion de la jouissance matérielle et par la volonté de destruction des structures sociales traditionnelles : elle n’est plus seulement une doctrine politique mais carrément un précepte moral. Elle a connu une impulsion très forte dans les années 1970 avec la remise en cause, notamment, de la morale traditionnelle. Dépassant l’idée que les personnes doivent être protégées des abus du pouvoir, elle établit comme principe de granit que l&#8217;alpha et l&#8217;oméga de l&#8217;action humaine est <em>la volonté</em>, laquelle ne fait pas de différence entre le choix raisonné et la pulsion. Le bien et l&#8217;acceptable ne se mesurent qu’à l&#8217;étalon de ce qui a été voulu. Je suppose que c&#8217;est notamment cette version « intégrale » qui inquiète les catholiques et qui les pousse à se réfugier, effarés, dans les jupons de l&#8217;antilibéralisme dit humaniste car il prône la solidarité et souhaite « mettre l’humain au centre ».</p>
<p style="text-align: justify;">Cette distinction a des limites, car les deux doctrines sont liées : les seconds sont bel et bien une dérive des premiers. En considérant les hommes dans leur dimension individuelle, les « classiques » ont ouvert la voie aux excès des « intégraux »&#8230; qui défendent l&#8217;individu intégral.</p>
<p style="text-align: justify;">Une erreur leur est commune (et est caractéristique, je crois, de la pensée politique moderne) qui consiste à ne pas voir la complexité et l’épaisseur des Hommes et des relations qui existent entre eux. D’un point de vue laïque, on considèrera donc que l’homme n’est ni seulement un individu, ni soumis intégralement à un groupe auquel il appartient : il est un peu de tout cela et bien plus, un animal politique, un animal social… Par ailleurs, d’un point de vue chrétien, ces analyses sont gravement lacunaires car, selon la révélation, l’homme est une créature de Dieu et sa vie a un sens, celui de l’amour. En oubliant ce sens, on passe au-dessus de ce qui est essentiel à l’existence humaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour autant, cette vision chrétienne n’est pas contradictoire avec les conséquences pratiques tirées par les libéraux classiques. Si elle ne part pas des mêmes prémisses, elle peut fort bien s’accorder avec les exigences de limitation du pouvoir, d’état de droit et de respect des libertés individuelles développées, pour un usage concret, par les auteurs libéraux.</p>
<p style="text-align: justify;">Je crois que c’est ici que se situe le libéralisme des « chrétiens libéraux » : nous ne sommes pas libéraux comme si notre foi devait être « libérale », mais nous considérons que le libéralisme politique et économique est de loin le meilleur moyen de permettre aux hommes de vivre dans le Christ – avec tous les ratés que cela peut impliquer, certes. La liberté n’est pas un blanc-seing pour le grand n’importe quoi, elle est un moyen précieux et indispensable pour faire ce qui est bon et juste.</p>
<p style="text-align: justify;">En cela, la morale chrétienne et sa vision sociale sont en quelque sorte la deuxième jambe de notre conscience politique, indispensable pour qu’elle puisse tenir debout et acquérir une certaine solidité.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La querelle économique et l’exigence de rigueur dans l’analyse</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je vois bien certains sceptiques acquiescer à ce que je viens de dire (quoique j’ignore si j’ai vraiment réussi à convaincre jusqu’ici) mais revenir à la charge en affirmant qu’il ne s’agit là que de bons sentiments alors que les événements récents comme notre interminable crise économique et son cortège de misères sont la preuve que le libéralisme est tout de même une fausse piste car, au final, les hommes mésusent de la liberté qui leur est donnée.</p>
<p style="text-align: justify;">Selon moi (et les libéraux, chrétiens ou non), bien des conclusions tirées de la crise récente sont erronées car elles se sont dispensées d’une analyse profonde et sérieuse. Je prendrai ici l’exemple de la crise financière qui a débuté aux États-Unis en 2007 et qui a été la principale cause de nos déboires économiques et sociaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Charles Vaugirard moque une tendance au « c’est pas moi c’est lui » dans la controverse qui oppose les libéraux à leurs adversaires, pointant au contraire une variété de responsabilités dans la crise. Je suis tout à fait d’accord avec lui cependant, la responsabilité évidente et directe de certains acteurs privés ne peut nous exonérer d’une analyse plus approfondie.</p>
<p style="text-align: justify;">Selon moi, une grosse partie des problèmes de la crise financière est liée à une crise de la responsabilité (des banques, des fonds etc.) qui est née à la fois de certaines politiques publiques et de l’absence des règles qui s’appliquent au commun des mortels :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Des politiques publiques ont causé des distorsions (notamment sur le marché des prêts immobiliers et sur le marché de la dette en général) qui a poussé au surendettement d’un côté et aux prêts aveugles de l’autres : l’état fédéral américain encourageait particulièrement les emprunts risqués via le <em>Community and Reinvestment Act</em> et se servait de Fannie Mae et Freddie Mac comme d’une courroie de transmission pour sa politique. Par ailleurs, la politique de taux d’intérêt bas pratiquée par la Federal Reserve américaine a elle-même soutenu le gonflement de cette bulle immobilière fondée sur la dette :</li>
<li>En outre, la réglementation financière, dont on a fort justement pointé les manquements, s’est révélée incapable <em>(a) </em>de faire fonctionner les règles prudentielles usuelles face à des produits financiers devenus excessivement complexes ; <em>(b)</em> de gérer le gros problème du <em>too big to fail</em>, c’est-à-dire de ces institutions financières devenues gigantesques dont la faillite risquerait de détruire le système financier et qui, du fait de cette immunité a priori, sont tentées de faire n’importe quoi. Ainsi, il y avait effectivement un problème de nature réglementaire.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Réformer le système financier n’implique donc pas de faire la guerre à la finance (selon le champ lexical de François Hollande) mais de faire revenir l’équilibre entre liberté d’action et responsabilité pour que le risque soit géré de façon adéquate et non avec l’inconscience que l’on a connue. Cela n’a rien d’antilibéral puisqu’il s’agit au contraire d’étendre la règle (libérale) qui s’applique aux sociétés commerciales, aux personnes, aux associations etc. : quand on prend des risques, il faut en assumer les conséquences.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Sur les réflexions économiques de la Note du Conseil pontifical « Justice et Paix »</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le 24 novembre dernier, le Conseil pontifical « Justice et Paix » a publié une <a href="http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/justpeace/documents/rc_pc_justpeace_doc_20111024_nota_fr.html">note « pour une réforme du système financier et monétaire international dans la perspective d’une autorité publique à compétence universelle »</a>. Charles Vaugirard cite généreusement ce texte dans sa critique du positionnement libéral de certains chrétiens. Cette note n’est qu’un instrument de réflexion mais elle fournit des réflexions très intéressantes. J’y retrouve pour ma part deux remarques qui font écho à une analyse « chrétienne-libérale ». Sur le « libéralisme intégral », le Conseil écrit :</p>
<blockquote><p>« A la base des inégalités et des distorsions du développement capitaliste, on trouve en grande partie, en plus de l’idéologie du libéralisme économique, l’idéologie utilitariste, c’est-à-dire l’organisation théorique et pratique selon laquelle : « ce qui est utile au plan personnel conduit au bien de la communauté ». Il est à noter qu’une telle « maxime » renferme un fond de vérité, mais on ne peut ignorer que l’utilité individuelle — même si elle est légitime — ne favorise pas toujours le bien commun. Plus d’une fois, un esprit de solidarité est nécessaire, qui transcende l’utilité personnelle pour le bien de la communauté. »</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Et de réaffirmer, à plusieurs reprises, que la crise a des causes morales : ce n’est pas moi qui vais dire le contraire. Plus précisément, sur les origines monétaires de la crise financière, le Conseil livre également son analyse :</p>
<blockquote><p>« A partir des années 90 du siècle dernier, on constate que la monnaie et les titres de crédit au niveau mondial ont augmenté plus rapidement que la production des revenus, et ce également pour les prix courants. Ce qui a provoqué la formation de poches excessives de liquidité et de bulles spéculatives, transformées ensuite en une série de crises de solvabilité et de confiance qui se sont diffusées et suivies dans les années suivantes. »</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">C’est là une analyse (fort bien écrite) des effets désastreux d’une politique monétaire laxiste telle qu’elle a été menée aux Etats-Unis.</p>
<p style="text-align: justify;">Je suis plus circonspect quant à la description que le Conseil nous donne du libéralisme économique, du moins ai-je du mal à en saisir le sens :</p>
<blockquote><p>« […] un libéralisme économique sans règles ni contrôles. Il s’agit d’une idéologie, d’une forme d’« apriorisme économique » qui prétend tirer de la théorie les lois de fonctionnement du marché et celles dites lois du développement capitaliste, en en exaspérant certains aspects. <strong>Une idéologie économique qui fixe à priori les lois du fonctionnement du marché et du développement économique sans se confronter à la réalité</strong> risque de devenir un instrument subordonné aux intérêts des pays qui jouissent concrètement d’une position avantageuse au plan économique et financier. »</p></blockquote>
<p>Je crois que le cœur de la critique réside dans la partie que j’ai mise en caractère gras. Deux remarques s’imposent.</p>
<p style="text-align: justify;">D’abord, il est vrai qu’un système économique fondé sur la propriété privée, les droits individuels et la liberté ne peut fonctionner s’il n’est pas mis en place avec prudence. Plusieurs pays se sont mis au jeu de la mondialisation sans être capable d’en tirer des bénéfices pour l’ensemble de la population : quand seuls quelques oligarques peuvent cueillir les fruits des échanges internationaux tandis qu’une majorité de la population est laissée sans droits, sans sécurité et sans les biens matériels basiques, alors il est normal de constater un échec. C’est valable, par exemple, pour la Russie, mais aussi pour la Chine, où la propriété privée est une notion toute relative et où la liberté d’expression et d’association des personnes pour défendre leurs droits est inexistante. Et je ne parle pas de l’Afrique.</p>
<p style="text-align: justify;">Seconde remarque : intellectuellement, il n’est pas vrai que le libéralisme économique soit un apriorisme économique puisque, au contraire, il est déduit de situations bien réelles. L’humilité impose néanmoins de prendre acte des cas où les lois économiques classiques ne s’appliquent pas comme on aurait pu l’anticiper.</p>
<p style="text-align: justify;">Il me faudrait encore des pages et du temps pour aborder d’autres sujets passionnants sur les rapports entre le christianisme et la politique. Par exemple, sur la disparition du lien social dans nos sociétés européennes où l’État Providence est pourtant un dogme difficile à ébranler.</p>
<p style="text-align: justify;">Les controverses entre catholicisme et libéralisme ne sont pas uniquement dues à des questions sémantiques : il y a de réelles oppositions dont certaines sont, à mon avis, plus liées au contexte politique français (ou européen) où les idées socialistes n’ont, semble-t-il, rien perdu de leur lustre.</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai essayé ici de montrer au moins une chose : contrairement à ce que suggérait Charles Vaugirard et à ce que pensent de nombreux autres catholiques, le libéralisme économique n’est pas en contradiction avec leur foi.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><br />
</em></p>
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		<title>La tête à claque et le chef d&#8217;entreprise</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Apr 2012 17:13:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hohenfels</dc:creator>
				<category><![CDATA[Élections 2012]]></category>
		<category><![CDATA[Vidéos]]></category>
		<category><![CDATA[énorme tocard]]></category>
		<category><![CDATA[Nicolas Dupont-Aignan]]></category>
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		<description><![CDATA[Nicolas Dupont-Aignan est un ancien élève de l&#8217;ENA (1989) et de Sciences Po. Il n&#8217;a jamais mis un orteil dans une entreprise en tant que professionnel, n&#8217;a jamais dû embaucher ni licencier des personnes dans le cadre d&#8217;une activité économique productrice de richesses&#8230; ce qui lui permet d&#8217;avoir, sans états d&#8217;âme, le comportement le plus [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><object width="500" height="281" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="wmode" value="transparent" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xpwlxs" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><embed width="500" height="281" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xpwlxs" allowFullScreen="true" allowScriptAccess="always" wmode="transparent" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" /></object></p>
<p style="text-align: justify;">Nicolas Dupont-Aignan est un ancien élève de l&#8217;ENA (1989) et de Sciences Po. Il n&#8217;a jamais mis un orteil dans une entreprise en tant que professionnel, n&#8217;a jamais dû embaucher ni licencier des personnes dans le cadre d&#8217;une activité économique productrice de richesses&#8230; ce qui lui permet d&#8217;avoir, sans états d&#8217;âme, le comportement le plus ordurier qui soit avec ce brave chef d&#8217;entreprise.</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne suis pas fan des descriptions manichéennes, mais là, ce n&#8217;est pas de ma faute si c&#8217;est ainsi, binaire et sans nuance : un politicien puant et un homme humble.</p>
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		<title>Le défaut sur la dette, c&#8217;est beau, c&#8217;est chouette</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Apr 2012 19:39:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hohenfels</dc:creator>
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		<category><![CDATA[dette]]></category>
		<category><![CDATA[Front de gauche]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Luc Mélenchon]]></category>

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		<description><![CDATA[Depuis plusieurs jours, je songe à faire un petit billet sur Mélenchon. Une discussion avec un camarade d&#8217;études qui s&#8217;apprête à voter pour lui m&#8217;avait fortement poussé dans cette direction. En l&#8217;absence de temps, je me fais le relais de cette vidéo publiée par un &#171;&#160;collectif de citoyens&#160;&#187; mélenchonistes, qui décrit avec simplicité et, sans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Depuis plusieurs jours, je songe à faire un petit billet sur Mélenchon. Une discussion avec un camarade d&#8217;études qui s&#8217;apprête à voter pour lui m&#8217;avait fortement poussé dans cette direction. En l&#8217;absence de temps, je me fais le relais de cette vidéo publiée par un &laquo;&nbsp;collectif de citoyens&nbsp;&raquo; mélenchonistes, qui décrit avec simplicité et, sans doute, un brin d&#8217;humour les raisons pour lesquelles &laquo;&nbsp;le Riche&nbsp;&raquo; est responsable de la dette publique et pourquoi faire défaut est une bonne idée. La voix off est celle de l&#8217;inénarrable Clémentine Autain.</p>
<p style="text-align: justify;"><object width="500" height="369" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/8SI1bulgaHA?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="500" height="369" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/8SI1bulgaHA?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;hésite entre illettrisme et démagogie.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Le syndrome d&#8217;Oslo</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Mar 2012 20:41:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hohenfels</dc:creator>
				<category><![CDATA[Débat public]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 22 juillet 2011, le Norvégien Anders Behring Breivik perpétrait deux attentats à Oslo et sur l&#8217;île d&#8217;Utøya faisant 77 morts. Les motivations de ce criminel sont vites apparues : il s&#8217;agissait d&#8217;un mélange politique et mental. Breivik était pour ainsi dire conservateur et clairement islamophobe. Ses références étaient aussi variées que Bat Ye&#8217;or, Gandhi [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-439" title="916777_still-image-taken-from-a-video-shows-pakistani-taliban-fighters-holding-weapons-as-they-receive-training-in-ladda-south-waziristan-tribal-region" src="http://hohenfels.fr/wp-content/uploads/916777_still-image-taken-from-a-video-shows-pakistani-taliban-fighters-holding-weapons-as-they-receive-training-in-ladda-south-waziristan-tribal-region.jpg" alt="" width="500" height="200" /></p>
<p style="text-align: justify;">Le 22 juillet 2011, le Norvégien Anders Behring Breivik perpétrait deux attentats à Oslo et sur l&#8217;île d&#8217;Utøya faisant 77 morts. Les motivations de ce criminel sont vites apparues : il s&#8217;agissait d&#8217;un mélange politique et mental. Breivik était pour ainsi dire conservateur et clairement islamophobe. Ses références étaient aussi variées que Bat Ye&#8217;or, Gandhi et Edmund Burke et sa préoccupation principale semblait être le &laquo;&nbsp;marxisme culturel&nbsp;&raquo; et le développement d&#8217;Eurabia. Arrêté par la police norvégienne et poursuivi en justice pour ses crimes, cet homme a aussi été diagnostiqué comme souffrant de schizophrénie.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces événements ont suscité un émoi très important en Europe et dans le monde entier : un carnage pareil était inattendu dans un pays réputé aussi tranquille que la Norvège. Une vague d&#8217;indignation et de crainte s&#8217;est saisie de l&#8217;opinion : apparemment, la menace de l&#8217;extrême-droite pesait toujours. C&#8217;était vrai : manifestement, un fou armé pouvait causer la mort de dizaines de personnes au nom d&#8217;une opinion politique obsédée par l&#8217;immigration musulmane.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela a suffi aux grands donneurs de leçon de l&#8217;opinion pour rappeler combien le risque restait prégnant, même en France, et pour mettre en garde contre les conséquences d&#8217;un discours politique par trop identitaire, nationaliste et sceptique à l&#8217;égard de l&#8217;immigration. Et de rapprocher implicitement Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy, et tout ce que le spectre politique français compte de personnalités adoptant des positions &laquo;&nbsp;dures&nbsp;&raquo; sur l&#8217;immigration et l&#8217;identité nationale, du dingue d&#8217;Oslo. Un amalgame odieux s&#8217;établissait entre le &laquo;&nbsp;conservatisme&nbsp;&raquo; de certains et le délire criminel d&#8217;un psychopathe.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet avis contraste fortement avec la façon dont ont été traitées les tueries de Montauban et Toulouse.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-422"></span></p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;abord, l&#8217;opinion s&#8217;est jetée avec vigueur sur la piste des ex-militaires néo-nazis. Alors que le coupable n&#8217;était pas encore identifié, la sphère politico-médiatique se fendait de déclarations sur les dégâts de la &laquo;&nbsp;banalisation du racisme&nbsp;&raquo;, certaines personnalités politiques comme François Bayrou ou Daniel Vaillant pointant même ouvertement le &laquo;&nbsp;durcissement&nbsp;&raquo; du discours de la droite depuis quelques années, reproduisant ainsi le même amalgame qu&#8217;à l&#8217;été 2011 en ne se basant, cette fois, que sur des suppositions.</p>
<p style="text-align: justify;">Malheureusement pour eux, l&#8217;enquête a révélé que ce n&#8217;étaient pas les communautés juive et musulmane qui étaient visées par les attentats de Montauban et Toulouse, mais d&#8217;abord la République française et les Français juifs considérés comme représentants d&#8217;Israël dans leur pays. Le criminel était un salafiste ayant séjourné plusieurs fois à la frontière afghano-pakistanaise où il a vraisemblablement été entraîné par des guerriers proches d&#8217;Al-Qaïda.</p>
<p style="text-align: justify;">On imagine le dépit de ceux qui se réjouissaient par avance des conséquences qu&#8217;aurait une crime néo-nazi à un mois du premier tour de l&#8217;élection présidentielle : assommer Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy (grâce à une campagne de diffamation fondée sur l&#8217;amalgame dont on vient de parler) et garantir la présidence à François Hollande et une belle collection de maroquins aux éléphants du PS. En témoigne ce tweet sordide d&#8217;un journaliste du <em>Nouvel Observateur</em>, Nicolas Chapuis :</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-428" title="tweet chapuis" src="http://hohenfels.fr/wp-content/uploads/tweet-chapuis.jpg" alt="" width="500" height="150" /></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;individu trop bavard a retiré ce &laquo;&nbsp;lapsus révélateur&nbsp;&raquo;, ce qui est une bonne nouvelle : ces gens-là ont encore un je-ne-sais-quoi de décence et de tenue.</p>
<p style="text-align: justify;">Et puis on est entré dans la seconde phase : puisque le terroriste n&#8217;est pas un néo-nazi, il faut changer de logique et s&#8217;insurger contre toute tentative d&#8217;amalgame. De fait, mettre dans le même panier le brave Dalil Boubakeur et le sanglant Mohamed Merah, par exemple, relèverait de la stupidité et de l&#8217;insulte. Mais au refus de l&#8217;amalgame s&#8217;agrège la crainte idiote d&#8217;une &laquo;&nbsp;stigmatisation&nbsp;&raquo;, terme désormais employé pour faire taire quiconque parle d&#8217;une chose au motif que cela mettrait en cause une partie de la population et donc que ça &laquo;&nbsp;diviserait les Français&nbsp;&raquo;.<sup><a href="http://hohenfels.fr/2012/03/le-syndrome-doslo-toulouse-mohamed-merrah/#footnote_0_422" id="identifier_0_422" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il va sans dire que seules certaines cat&eacute;gories sont susceptibles d&amp;#8217;&ecirc;tre stigmatis&eacute;es, d&amp;#8217;autres &eacute;tant criticables &agrave; souhait.">1</a></sup></p>
<p style="text-align: justify;">De ce fait, je doute que nous ayons jamais droit à un débat de fond et sérieux sur ces attentats et sur le niveau de la menace terroriste en France, sur le salafisme et son ampleur etc. Alors que la montée de l&#8217;extrême-droite depuis les années 1980 a fait l&#8217;objet d&#8217;études approfondies aboutissant parfois à des conclusions alarmistes prises avec beaucoup de sérieux (pensons au concept à moitié erroné de &laquo;&nbsp;lepénisation des esprits&nbsp;&raquo; qui a justifié l&#8217;installation de l&#8217;anti-racisme idéologique), la crainte quasi-religieuse (et ô combien affectée) de voir &laquo;&nbsp;stigmatiser&nbsp;&raquo; les populations immigrées va aboutir à un non lieu intellectuel en plus d&#8217;un non-procès pénal dû à la mort de Mohamed Merah.<sup><a href="http://hohenfels.fr/2012/03/le-syndrome-doslo-toulouse-mohamed-merrah/#footnote_1_422" id="identifier_1_422" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Qu&amp;#8217;on ne me dise pas que l&amp;#8217;article publi&eacute; par M&eacute;diapart&nbsp;(si t&ocirc;t&amp;#8230;) intitul&eacute; &amp;laquo;&amp;nbsp;Une histoire fran&ccedil;aise&amp;nbsp;&amp;raquo; et qui fait porter la responsabilit&eacute; de la d&eacute;rive terroriste de Merah et Khaled Kelkal (l&amp;#8217;auteur des attentats de 1995) &agrave; la soci&eacute;t&eacute; fran&ccedil;aise, constitue une approche s&eacute;rieuse et r&eacute;fl&eacute;chie du sujet&amp;#8230;">2</a></sup></p>
<p style="text-align: justify;">La DCRI et les services de renseignement dans leur ensemble apprendront de ces carnages, des mesures anti-terroristes et liberticides vont être mises en place et, surtout, l&#8217;on tâchera d&#8217;oublier l&#8217;horreur de l&#8217;assassinat de trois militaires et de trois enfants et de leur professeur juifs&#8230;</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_422" class="footnote">Il va sans dire que seules certaines catégories sont susceptibles d&#8217;être stigmatisées, d&#8217;autres étant criticables à souhait.</li><li id="footnote_1_422" class="footnote">Qu&#8217;on ne me dise pas que l&#8217;<a href="http://diaconam.blogspot.fr/2012/03/une-histoire-francaise-22-mars-2012-par.html">article publié par <em>Médiapart</em></a> (si tôt&#8230;) intitulé &laquo;&nbsp;Une histoire française&nbsp;&raquo; et qui fait porter la responsabilité de la dérive terroriste de Merah et Khaled Kelkal (l&#8217;auteur des attentats de 1995) à la société française, constitue une approche sérieuse et réfléchie du sujet&#8230;</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Faut-il virer Audrey Pulvar ?</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Mar 2012 17:59:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hohenfels</dc:creator>
				<category><![CDATA[Débat public]]></category>

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		<description><![CDATA[La chroniqueuse d&#8217;On n&#8217;est pas couchés m&#8217;est franchement antipathique. Son prédécesseur à ce poste, le fameux Éric Zemmour, l&#8217;avait ouvertement et frontalement qualifiée de digne représentante de la boboïtude la plus aboutie et de la gauche bien-pensante et convaincue de détenir la clé de la vérité morale et humaniste. La récente passe d&#8217;armes entre Audrey Pulvar [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-409" title="audrey-pulvar_207628" src="http://hohenfels.fr/wp-content/uploads/audrey-pulvar_207628.jpeg" alt="" width="500" height="300" /></p>
<p style="text-align: justify;">La chroniqueuse d&#8217;<em>On n&#8217;est pas couchés</em> m&#8217;est franchement antipathique. Son prédécesseur à ce poste, le fameux Éric Zemmour, l&#8217;avait ouvertement et frontalement qualifiée de digne représentante de la boboïtude la plus aboutie et de la gauche bien-pensante et convaincue de détenir la clé de la vérité morale et humaniste. La récente passe d&#8217;armes entre Audrey Pulvar et le secrétaire général de l&#8217;UMP Jean-François Copé a &laquo;&nbsp;fait le buzz&nbsp;&raquo; et une pétition a été lancée contre la dame jugée trop partiale.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-391"></span>Il est vrai que le vote d&#8217;Audrey Pulvar dans quelques semaines ne fait aucun doute : ça sera François Hollande, comme pour, sans doute, 80% du PAF. Elle le dissimule très mal et certains, à commencer par Copé, ont eu raison de se demander si elle exerçait la profession de chroniqueuse de télévision ou de tract socialiste.</p>
<p><object width="500" height="369" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/XwQvJXMKoRc?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="500" height="369" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/XwQvJXMKoRc?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p style="text-align: justify;">Pour autant,<em> le ton</em> de <a href="http://www.mesopinions.com/Pour-qu-Audrey-Pulvar-ne-presente-plus-On-n-est-pas-couche-pendant-la-campagne-petition-petitions-4f515ef32bd460904439c953b2f6c03e.html">cette pétition</a> est incroyablement mal placé. La droite des militants et des blogueurs se plaint trop souvent des restrictions à la liberté d&#8217;expression et du fait &laquo;&nbsp;qu&#8217;on ne puisse rien dire sans être taxé de <em>x</em> dans ce pays&nbsp;&raquo; pour être sérieuse. Le président-candidat de l&#8217;UMP reprenait <em>grosso modo</em> les mêmes termes dans son discours de Villepinte pour fustiger la pensée unique de gauche (à laquelle, au passage, il offrait le libéralisme en sacrifice électoral).</p>
<p style="text-align: justify;">Demander la démission d&#8217;une chroniqueuse parce qu&#8217;elle parle comme le Parti socialiste, ou simplement parce qu&#8217;on la juge trop partiale et politisée, relève du simple procès d&#8217;opinion : on a <em>le droit</em> d&#8217;être socialiste en France, tout de même, quand bien même les ténors et proches du PS soient bien plus restrictifs en matière de liberté d&#8217;expression (en tout cas vis-à-vis de la droite). Rien n&#8217;interdit d&#8217;avoir des chroniqueurs télévisuels socialistes.</p>
<p style="text-align: justify;">Une façon plus raisonnable d&#8217;aborder le sujet, qui est aussi présente dans la pétition, consisterait à pointer le fait qu&#8217;elle est la femme d&#8217;Arnaud Montebourg (aussi déplaisant ce procédé soit-il). Cette proximité pose problème car la frontière entre elle et le PS est franchement ténue, à la fois sur la forme et sur le fond des propos. Or les partis sont astreints à des règles de temps de parole. Dans ce cas, il faudrait la soumettre au décompte qui est d&#8217;usage sur les grandes chaînes de télévision ou, si cette solution est trop complexe, la suspendre de ses fonctions en période électorale. Ainsi, il s&#8217;agit plutôt de gérer une ambiguïté qui mettent en jeu les règles des campagnes électorales et non de réagir à son opinion de chroniqueuse en tant que telle.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;ailleurs, Natacha Polony, sa collègue, est également de gauche, de tendance chevènementiste et son positionnement &laquo;&nbsp;souveraino-républicain&nbsp;&raquo; ne pose pas de problème&#8230; Ainsi, si Audrey Pulvar avait une solide réputation de socialiste mais que son comportement et son travail étaient au-dessus de tout soupçon en terme d&#8217;indépendance vis-à-vis du PS, alors une telle question ne devrait même pas se poser.</p>
<p style="text-align: justify;">En réalité, le problème avec Audrey Pulvar est surtout que ce rôle de chien d&#8217;attaque de Laurent Ruquier ne lui sied guère. Elle n&#8217;a pas le bagou et la verve des deux Éric. Ses interventions relèvent bien souvent du procès d&#8217;intention et de la caricature et non d&#8217;une réflexion politique. Ainsi, la faiblesse de sa prestation (dont le fonctionnement consiste apparemment à lancer un missile personnel quand elle est déstabilisée sur le fond) ne regarde que la direction de France 2 qui serait bien inspirée de lui trouver une autre occupation&#8230;</p>
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		<title>Le Wall Street Journal et l&#8217;immigration en France</title>
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		<pubDate>Tue, 13 Mar 2012 15:51:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hohenfels</dc:creator>
				<category><![CDATA[Élections 2012]]></category>
		<category><![CDATA[Le Pen]]></category>
		<category><![CDATA[nicolas le pen]]></category>
		<category><![CDATA[Nicolas Sarkozy]]></category>
		<category><![CDATA[Wall Street Journal]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans un édito plutôt très bien envoyé, le quotidien business de tendance conservatrice qu&#8217;est le Wall Street Journal renomme le président français &#171;&#160;Nicolas Le Pen&#160;&#187;, critiquant fortement son discours contre une immigration massive. Cette petite nouvelle fait frémir la twittosphère, mais cela n&#8217;a rien d&#8217;intéressant si ce n&#8217;est qu&#8217;il est ironique de voir le petit monde médiatique [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft  wp-image-373" title="wsj_logo" src="http://hohenfels.fr/wp-content/uploads/wsj_logo.jpeg" alt="" width="176" height="176" />Dans <a href="http://online.wsj.com/article/SB10001424052702304450004577277241473592360.html?mod=WSJ_article_comments#articleTabs%3Darticle">un édito plutôt très bien envoyé</a>, le quotidien business de tendance conservatrice qu&#8217;est le <em>Wall Street Journal</em> renomme le président français &laquo;&nbsp;Nicolas Le Pen&nbsp;&raquo;, critiquant fortement son discours contre une immigration massive.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette petite nouvelle fait <a href="https://twitter.com/#!/search/%22Nicolas%20Le%20Pen%22">frémir la twittosphère</a>, mais cela n&#8217;a rien d&#8217;intéressant si ce n&#8217;est qu&#8217;il est ironique de voir le petit monde médiatique qui, il y a quelques mois, demandait sottement la tête de Rupert Murdoch sur un plateau d&#8217;argent, chanter aujourd&#8217;hui les louanges d&#8217;un des journaux phare de News Corp. dont le soutien au parti républicain américain n&#8217;est un secret pour personne.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-364"></span>Sur le fond, le WSJ fait preuve d&#8217;une étroitesse de vue assez surprenante quand on considère son positionnement politique aux États-Unis. Il nous ressert la recette classique favorable à l&#8217;immigration : celle-ci permet contrer les dégâts économiques du vieillissement de la population pour &laquo;&nbsp;sauver&nbsp;&raquo; notre État Providence ; et les discours s&#8217;y opposant sont jouent sur les sentiments les plus &laquo;&nbsp;<em>ugly</em>&nbsp;&raquo; de l&#8217;électorat.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est vrai que la droite américaine comporte une tendance favorable à l&#8217;immigration, confiante dans l&#8217;<em>American Dream</em> etc. (par exemple, l&#8217;ancienne secrétaire d&#8217;État Condoleezza Rice), donc le WSJ n&#8217;est pas totalement contradictoire sur ce point.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui est frappant, en fait, c&#8217;est l&#8217;absence de toute analyse (et même, de mention) des conséquences politiques, sociales et culturelles d&#8217;une immigration importante.</p>
<p style="text-align: justify;">Ceci s&#8217;explique en partie parce que les arguments avancés par les détracteurs d&#8217;une immigration massive sont souvent d&#8217;ordre économique et fiscal : les immigrés coûteraient trop cher aux institutions de sécurité sociale et leur grand nombre serait la cause d&#8217;au moins une partie du taux de chômage. À certains égards, ces arguments sont assez fallacieux et il est aisé de les démonter (au moins pour ce qui est du chômage), et on ne voit pas pourquoi les pro-immigration s&#8217;embêteraient à répondre à des arguments qui ne sont pas clairement avancés.</p>
<p style="text-align: justify;">Or c&#8217;est bien le changement social et culturel produit par l&#8217;immigration qui est en cause et qui demeure à bien des égards un tabou gigantesque dans notre débat public. C&#8217;est de ça qu&#8217;ont peur les électeurs qui demandent un renforcement de la rhétorique anti-immigration. Il n&#8217;y a rien de <em>stupide</em> ni de <em>haineux</em> à craindre un tel changement. Ces qualificatifs valent plus pour ceux (comme ces rédacteurs du WSJ) qui jettent l&#8217;anathème sur leurs contradicteurs, pour des motifs avant tout idéologiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur la forme du discours de Nicolas Sarkozy, le WSJ est bien plus raisonnable. Il dénonce à raison la bassesse des manoeuvres rhétoriques de la droite qui pense qu&#8217;il suffit de parler d&#8217;immigration pour battre le rappel de ses troupes. Ainsi, la dernière phrase de l&#8217;édito :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">we wonder if Mr. Sarkozy also understands that transparent displays of cynicism like this one have brought him to his current political predicament.</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Il n&#8217;est nul besoin d&#8217;être un anti-sarkozyste convaincu pour s&#8217;agacer des méthodes rhétoriques et politiques du chef de la droite depuis son élection. Ce technique ne prend plus : sur le plan de l&#8217;immigration, la politique menée semble surtout constituée d&#8217;un rare mélange d&#8217;outrance et d&#8217;inefficacité&#8230; ce qui lui vaut d&#8217;être en difficulté à la fois chez les &laquo;&nbsp;durs&nbsp;&raquo; qu&#8217;il avait tenté d&#8217;appeler en 2007, et chez les modérés qui considèrent qu&#8217;une politique de fermeté peut se passer de discours de matamore.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>PS : On notera que le WSJ se paye aussi François Hollande dont la proposition de taxer à 75% les plus hauts revenus est, elle aussi, rangée à l&#8217;étagère de la démagogie la plus éculée.</em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Les tristes heures de la presse française</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Mar 2012 16:32:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hohenfels</dc:creator>
				<category><![CDATA[Élections 2012]]></category>
		<category><![CDATA[François Hollande]]></category>
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		<category><![CDATA[presse]]></category>

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		<description><![CDATA[On ne se souviendra peut-être pas de cette campagne tant elle n&#8217;a rien d&#8217;extraordinaire quant aux idées avancées et à la personnalité des candidats. Dans les deux principaux camps politiques, le coeur n&#8217;y est pas vraiment. En revanche, cette période électorale restera dans mon souvenir comme celle où la presse française a atteint des tréfonds [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">On ne se souviendra peut-être pas de cette campagne tant elle n&#8217;a rien d&#8217;extraordinaire quant aux idées avancées et à la personnalité des candidats. Dans les deux principaux camps politiques, le coeur n&#8217;y est pas vraiment. En revanche, cette période électorale restera dans mon souvenir comme celle où la presse française a atteint des tréfonds de médiocrité.</p>
<p style="text-align: justify;">Il ne fait aucun doute qu&#8217;une très vaste majorité des journalistes et assimilés souhaite l&#8217;élection du candidat socialiste François Hollande. Il n&#8217;y a pas besoin de sondage pour cela : il suffit de regarder les titres de la presse et l&#8217;attention des nos grands journaux nationaux. Tandis que <em>Le Figaro</em> roule toujours pour la majorité avec la bêtise partisane qui le caractérise depuis plusieurs années, les autres grands quotidiens comme <em>Le Monde</em> ou <em>Libération </em>(si tant est qu&#8217;ils méritent un tel épithète) ne cachent pas leur soutien à François Hollande, quitte à abandonner pour de bon leur mission d&#8217;information et à user sans vergogne de leur statut sacré de &laquo;&nbsp;poumon de la démocratie&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://hohenfels.fr/wp-content/uploads/photo1.jpeg"><img class="alignright  wp-image-354" title="photo1" src="http://hohenfels.fr/wp-content/uploads/photo1-238x300.jpg" alt="" width="167" height="210" /></a>En témoigne cette Une très sournoise de <em>Libération</em> qui, quelques mois plus tôt, vendait ses pages comme un vulgaire tract du PS : &laquo;&nbsp;C&#8217;était Sarkozy&nbsp;&raquo; annonce le hors-série, proclamant implicitement que l&#8217;élection est déjà jouée et que Hollande sera le futur chef de l&#8217;État. En pratique guerrière, on appelle ça saper le moral des troupes. Par ailleurs, en assommant l&#8217;opinion avec l&#8217;idée que la victoire socialiste est déjà là, les médias de gauche veulent rendre difficile toute contestation. Le pire dans tout cela, est que si un candidat de droite se risquait à émettre un avis ne serait-ce que confiant quant à la prochaine échéance électorale, ces individus gémiraient sur l&#8217;irrespect de ce candidat envers le peuple souverain. Deux poids, deux mesures.</p>
<p style="text-align: justify;">Les exemples sont très nombreux : le programme de François Hollande, dont la stabilité et la solidité sont comparables à celles d&#8217;un flan sur son lit de caramel, n&#8217;est jamais sérieusement mis en cause par les journaux, tandis que celui de la droite (que je ne trouve pas parfait, loin de là) est soumis à l&#8217;insatiable &laquo;&nbsp;esprit critique&nbsp;&raquo; de notre caste médiatique.</p>
<p style="text-align: justify;">Je vous invite à lire <a href="http://blog.lesoir.be/parisbysoir/2012/03/09/531/">ce billet</a> de la journaliste belge Charline Vanhoenacker qui suit le train de campagne de François Hollande. L&#8217;esprit de cour n&#8217;est pas qu&#8217;une tare de militants et de conseillers politiques : la valse des flagorneurs frappe de plein fouet les journalistes de gauche qui &laquo;&nbsp;se voient déjà l&#8217;Élysée&nbsp;&raquo; et filtrent ce qu&#8217;il faut publier pour ne pas abîmer l&#8217;image de leur poulain.</p>
<p style="text-align: justify;">Pendant ce temps, le grand corps des journalistes parisiens se regarde le nombril en pensant aux deux reporters de guerre morts en Syrie : &laquo;&nbsp;Qu&#8217;elle est belle, notre profession !&nbsp;&raquo; pensent-ils avant d&#8217;aller faire du mauvais esprit au sujet du meeting de Villepinte. Ça ne vous a jamais interpelés, vous, que Twitter ait autant de succès chez les journalistes ? À croire que les 140 caractères leur fournissent une bonne excuse pour n&#8217;avoir jamais rien d&#8217;intelligent à dire<em>&#8230;</em></p>
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		<title>Benoît XVI et la &#171;&#160;pertinence&#160;&#187; de l&#8217;Église</title>
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		<pubDate>Sat, 10 Mar 2012 10:01:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hohenfels</dc:creator>
				<category><![CDATA[Eglise catholique]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<category><![CDATA[Année de la Foi]]></category>
		<category><![CDATA[Benoît XVI]]></category>
		<category><![CDATA[catéchisme]]></category>
		<category><![CDATA[Porta Fidei]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce qui suit est une traduction d&#8217;un article du Dr. Samuel Gregg, directeur de recherche à l&#8217;Acton Institute, paru le 8 mars 2012 dans Crisis Magazine. Titre original : Benedict XVI and the Irrelevance of &#171;&#160;Relevance&#160;&#187; ; version originale disponible ici. L&#8217;article est publié avec l&#8217;aimable autorisation de l&#8217;auteur. Depuis les bientôt sept années du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="center"><a href="http://hohenfels.fr/wp-content/uploads/benoit-xvi-pape-vatican_49-blog.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-338" title="benoit-xvi-pape-vatican_49 blog" src="http://hohenfels.fr/wp-content/uploads/benoit-xvi-pape-vatican_49-blog.jpg" alt="" width="500" height="220" /></a></p>
<p style="text-align: justify;" align="center"><em>Ce qui suit est une traduction d&#8217;un article du Dr. Samuel Gregg, directeur de recherche à l&#8217;Acton Institute, paru le 8 mars 2012 dans </em><a href="http://www.crisismagazine.com/">Crisis Magazine</a><em>. Titre original : <span style="text-decoration: underline;">Benedict XVI and the Irrelevance of &laquo;&nbsp;Relevance&nbsp;&raquo;</span> ; version originale disponible <strong><a href="http://www.crisismagazine.com/2012/benedict-xvi-and-the-irrelevance-of-relevance">ici</a></strong>. L&#8217;article est publié avec l&#8217;aimable autorisation de l&#8217;auteur.</em></p>
<p style="text-align: justify;" align="center">Depuis les bientôt sept années du pontificat de Benoît XVI, il s&#8217;est révélé intéressant d&#8217;observer le changement progressif des critiques contre le Pape. Si l&#8217;on laisse de côté les personnes convaincues que le catholicisme devrait devenir ce qui ne serait rien de plus qu&#8217;un secte chrétienne-progressiste focalisée sur les problématiques politiquement correctes du moment, la dernière observation en date prétend que &laquo;&nbsp;le monde&nbsp;&raquo; est en train de perdre son intérêt pour l&#8217;Église catholique. Une variante de cette position repose sur l&#8217;idée que la décision du gouvernement irlandais de fermer son ambassade près le Saint-Siège en 2011 reflète le déclin général de la &laquo;&nbsp;pertinence&nbsp;&raquo; géopolitique de l&#8217;Église.</p>
<p style="text-align: justify;" align="center"><span id="more-313"></span>Quand on se trouve face à ces assertions, on ne sait jamais très bien ce que signifie le mot &laquo;&nbsp;pertinence&nbsp;&raquo;. Selon une première lecture, ce terme implique des comparaisons avec le prédécesseur héroïque de Benoît XVI, qui a joué un rôle indispensable dans la démolition des mafiocraties communistes qui brutalisaient jadis une grande partie de l&#8217;Europe. Mais on peut aussi comprendre le mot &laquo;&nbsp;pertinence&nbsp;&raquo; comme la capacité de l&#8217;Église à influencer les débats politiques actuels ou à exercer une influence politique dans différents domaines.</p>
<p style="text-align: justify;" align="center">Ces éléments ont leur importance. En effet, de nombreux écrits de Benoît XVI sont pleins d&#8217;une réflexion qui fait voler en éclat les semi-vérités post-Lumières sur la nature de la liberté, l&#8217;égalité et le progrès, qui étouffent fortement la pensée politique moderne occidentale. Mais la vie entière du Pape, dès l&#8217;époque où il était prêtre, théologien, évêque et haut responsable au sein de la curie, reflète aussi sa conviction profonde que le centre d&#8217;attention fondamental de l&#8217;Église est loin d&#8217;être &laquo;&nbsp;le monde&nbsp;&raquo;, et encore moins la politique.</p>
<p style="text-align: justify;" align="center">Au contraire, l&#8217;opinion de Benoît XVI a toujours été que la principale responsabilité de l&#8217;Église est de mieux connaître &#8212; et de faire mieux connaître &#8212; la Personne de Jésus Christ. Pourquoi ? Parce que comme tout chrétien orthodoxe, il croit que c&#8217;est là que l&#8217;on trouve le sommet et l&#8217;entièreté de la Vérité et du sens pour <em>chaque</em> être humain. De plus, le Pape insiste sur le fait que la seule façon de comprendre le Christ se fera par Son Église &#8212; l&#8217;<em>ecclesia</em> des saints, vivants et morts.</p>
<p style="text-align: justify;" align="center">Ces certitudes expliquent la nature des anciennes critiques formulées par celui qui s&#8217;appelait alors Joseph Ratzinger contre les différentes formes de théologie de la libération ou de théologie politique. Sa première préoccupation n&#8217;était pas de dire si de tels mouvements traduisaient l&#8217;alignement de certains catholiques avec la gauche, ou de juger la compréhension chancelante des fondamentaux de l&#8217;économie par la libérationnistes. Au contraire, la critique faite par Benoît XVI a toujours porté sur le fait que ces théologies obscurcissent voire déforment les vérités fondamentales sur la nature du Christ et de Son Église.</p>
<p style="text-align: justify;" align="center">Il y a, bien évidemment, une &laquo;&nbsp;pertinence&nbsp;&raquo; à tout ceci. À moins que les catholiques soient clairement au fait de ces vérités, leurs efforts pour transformer le monde autour d&#8217;eux risque fortement d&#8217;être un échec ou de dégénérer en activisme comme pour n&#8217;importe quel groupe de pression parmi les milliers qui existent et qui prétendent être &laquo;&nbsp;pertinents&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;" align="center">Ceci nous amène à une autre grande &laquo;&nbsp;pertinence&nbsp;&raquo; du pontificat de Benoît XVI : son désir de faire en sorte de plus de catholiques comprennent le <em>contenu</em> réel de ce qu&#8217;il professent croire.</p>
<p style="text-align: justify;" align="center">Il n&#8217;est un secret pour personne que la catéchèse catholique tomba en chute libre après Vatican II. Il est vrai qu&#8217;une grande partie de la catéchèse pré-conciliaire se caractérisait par de l&#8217;apprentissage &laquo;&nbsp;par coeur&nbsp;&raquo; plutôt que par une approche substantielle des vérités de la Foi. Mais dès 1983, Joseph Ratzinger fit connaître sa préoccupation face au lamentable état du catéchisme post-conciliaire dans deux discours donnés à Paris et à Lyon. Au grand dam des catéchistes professionnels &#8212; mais au grand plaisir du cardinal Jean-Marie Lustiger et de tous les jeunes prêtres présents &#8212; Ratzinger se concentra sur les profonds manquements des manuels de catéchèse alors en vogue.</p>
<p style="text-align: justify;" align="center">Deux années plus tard, le Synode extraordinaire des évêques de 1985 suggéra de publier un nouveau catéchisme universel. Ceci porta ses fruits avec le <em><a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/_INDEX.HTM">Catéchisme de l&#8217;Église catholique</a></em> de 1992, produit sous la supervision de Ratzinger. De façon significative, le texte suivait précisément les structures fondamentales qu&#8217;il avait identifiées dans ses discours de 1983 comme étant indispensables pour une catéchèse de qualité.</p>
<p style="text-align: justify;" align="center">Survolons les années et revenons en 2012. Maintenant, Benoît XVI est en train de lancer ce que l&#8217;on appelle &laquo;&nbsp;une Année de la Foi&nbsp;&raquo; avec sa lettre apostolique <em><a href="http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/motu_proprio/documents/hf_ben-xvi_motu-proprio_20111011_porta-fidei_fr.html">Porta Fidei</a></em>, pour célébrer le cinquantième anniversaire de l&#8217;ouverture de Vatican II. En lisant ce texte, on est frappé par le nombre de fois où le pape insiste sur l&#8217;importance que revêt, pour les catholiques, la capacité à <em>professer</em> la Foi. Naturellement, on ne peut professer &#8212; et <em>a fortiori</em> vivre &#8212; les vérités de la foi catholique si l&#8217;on ne sait pas de quoi il s&#8217;agit. On ne peut pas non plus soutenir avec les autres une conversation sur la Foi si l&#8217;on ne comprend pas son contenu.</p>
<p style="text-align: justify;" align="center">Ainsi, comme un commentateur français l&#8217;a récemment <a href="http://blog.lefigaro.fr/religioblog/2012/01/fin-de-la-recreation-doctrinal.html?xtor=RSS-59">observé</a>, un des sous-titres possibles à l&#8217;Année de la Foi de Benoît XVI pourrait être que &laquo;&nbsp;<em>la récréation doctrinale</em>&nbsp;&raquo; de l&#8217;Église est terminée. Ce point avait été souligné par une récente <a href="http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_20120106_nota-anno-fede_fr.html">Note</a> de la Congrégation pour la doctrine de la Foi. En plus de autres suggestions pratique qu&#8217;elle donne pour faire avancer l&#8217;Année de la Foi, la Note met l&#8217;emphase sur &laquo;&nbsp;<em>un lien profond entre la Foi vécue et son contenu</em>&nbsp;&raquo; (c&#8217;est-à-dire qu&#8217;une véritable <em>orthopraxie</em> ne peut être fondée que sur l&#8217;<em>orthodoxie</em>). Elle insiste également sur le fait que les catholiques doivent connaître le contenu du <em>Catéchisme</em> et les documents de Vatican II (plutôt que, <em>sotto voce</em>, le toujours très nébuleux &laquo;&nbsp;esprit de Vatican II&nbsp;&raquo; qui semble impossible à distinguer de ce qui préoccupe les progressistes séculiers à un moment donné).</p>
<p style="text-align: justify;" align="center">La réplique prévisible à tout cela est que cette stratégie prouve que sous Benoît XVI, l&#8217;Église se referme sur elle-même. De tels critiques, cependant, sont de très courte vue. Pour paraphraser Vatican II, le pape comprend que l&#8217;Église ne peut avoir un effet extérieur sur le monde que si elle bénéficie d&#8217;une vie intérieure plus intense et plus fidèle. Loin d&#8217;être une retraite dans un ghetto, ce choix de Benoît XVI consister à aider les catholiques à honorer l&#8217;enseignement du premier pape : &laquo;&nbsp;<em>Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l&#8217;espérance qui est en vous.</em>&nbsp;&raquo; (1 Pierre 3, 15).</p>
<p style="text-align: justify;" align="center">C&#8217;est là que repose la véritable signification contemporaine de l&#8217;Église telle qu&#8217;elle est comprise par l&#8217;actuel successeur de Pierre ; et non pas dans une transformation de l&#8217;Église catholique qui la ferait ressembler à quelquechose comme l&#8217;Église épiscopale d&#8217;Amérique (aussi connue comme l&#8217;option préférentielle à l&#8217;auto-immolation). Il s&#8217;agit d&#8217;apporter le <em>Logos</em> du Seigneur de l&#8217;histoire dans un monde qui part en embardées entre irrationalité et rationalisme, utopie et désespérance, afin que quand nous mourront, nous puissions voir le visage de Celui qui, jadis, demanda à Pierre d&#8217;avoir foi en Lui et de marcher sur l&#8217;eau.</p>
<p style="text-align: justify;" align="center">Et, après tout, quelle chose pourrait être plus pertinente ?</p>
<p style="text-align: justify;" align="center">
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		<title>La nouvelle maladie hollandaise</title>
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		<pubDate>Wed, 07 Mar 2012 13:02:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hohenfels</dc:creator>
				<category><![CDATA[Élections 2012]]></category>
		<category><![CDATA[fiscalité]]></category>
		<category><![CDATA[François Hollande]]></category>
		<category><![CDATA[riches]]></category>

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		<description><![CDATA[Si le fameux &#171;&#160;No, no, no !&#160;&#187; de Margaret Thatcher est un morceau d&#8217;anthologie en matière de refus politique, alors ma réaction est bien celle-là quand j&#8217;apprends que François Hollande veut créer une tranche d&#8217;imposition à 75% sur les revenus des personnes physiques au-delà d&#8217;un million d&#8217;euros annuels. Il s&#8217;agit d&#8217;un morceau typique de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-309" title="maladie hollandaise" src="http://hohenfels.fr/wp-content/uploads/maladie-hollandaise.jpg" alt="" width="500" height="200" /></p>
<p style="text-align: justify;">Si le fameux &laquo;&nbsp;<em>No, no, no !</em>&nbsp;&raquo; de Margaret Thatcher est un morceau d&#8217;anthologie en matière de refus politique, alors ma réaction est bien celle-là quand j&#8217;apprends que François Hollande veut créer une tranche d&#8217;imposition à 75% sur les revenus des personnes physiques au-delà d&#8217;un million d&#8217;euros annuels. Il s&#8217;agit d&#8217;un morceau typique de la démagogie la plus crasse que nous servent avec ardeur les élus politiques de ce pays.</p>
<p style="text-align: justify;">Mes raisons sont au nombre de trois :</p>
<p style="text-align: justify;"><em>(1°) d&#8217;un point de vue moral, cette imposition est clairement inappropriée ;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>(2°) d&#8217;un point de vue économique, elle n&#8217;est pas très maligne ;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>(3°) enfin, d&#8217;un point de vue politique et social, elle est fondée sur une analyse bien trop étroite de ce phénomène des gros revenus.</em></p>
<div style="text-align: center;"><span id="more-239"></span><span style="text-align: center;">&#8212;&#8212;&#8212;-</span></div>
<h4 style="text-align: justify;">Le problème de la légitimité de l&#8217;impôt</h4>
<p style="text-align: justify;">Selon la gauche, il est légitime d&#8217;alourdir la fiscalité sur &laquo;&nbsp;les riches&nbsp;&raquo; pour une variété de raisons : découlant du bon vieux fond idéologique socialiste, on trouve l&#8217;idée que les riches sont les profiteurs de toujours et qu&#8217;il est temps de les remettre à leur place. Il n&#8217;y a là aucun objectif économique mais plutôt une revanche sociale (proférée par un parti dont les dirigeants sont assez proches si ce n&#8217;est en plein dans le fameux <em>top 1% </em>; voir ce que dit <a href="http://ordrespontane.blogspot.com/2012/01/hollande-la-nouvelle-aristocratie-et.html">George Kaplan</a>). Il y en a une autre, qui est intellectuellement encore plus inepte que la première, qui suppose que la crise est due aux riches, lesquels sont imaginés comme ayant tous eu une vie de trader sur les subprimes avant 2008.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces deux raisons ne sont pas des arguments de justice sociale mais de simples vociférations destinées à battre le rappel chez l&#8217;électorat radical des Mélenchon, Poutou et Arthaud ; une <em>gauchisation</em> de la campagne de Hollande dont les journaux se sont bien gardés de décrire comme telle&#8230; Alourdir ainsi la fiscalité, c&#8217;est la rendre volontairement et ouvertement confiscatoire, point. Les débats d&#8217;experts sur le niveau d&#8217;imposition au-dessus duquel un impôt reviendrait à confisquer des biens sont à côté de la plaque : quand on veut prendre aux riches pour prendre aux riches, on confisque, point.</p>
<p style="text-align: justify;">Une autre raison avancée est la cohésion sociale. Je ne sais pas trop ce que cela veut dire quand on considère les revenus de 40 patrons des grandes entreprises françaises plus, sans doute, le même nombre ayant des professions moins connues. En confisquant une partie des revenus d&#8217;une centaine de personnes, on compterait recréer du lien social. Je ne sais pas de qui se moquent Hollande et ses conseillers. Si la cohésion sociale consiste à rapprocher substantiellement les niveaux de vie, il faut surtaxer tous ceux qui gagnent plus de 50 000 € par mois, ce qui est proprement liberticide.</p>
<p style="text-align: justify;">La seule raison de &laquo;&nbsp;taxer les riches&nbsp;&raquo; qui vaille est celle qui est formulée plus ou moins clairement à droite : l&#8217;austérité par la réduction des dépenses pèse beaucoup sur les catégories sociales les plus modestes. À titre symbolique, et pour, autant que faire se peut, réduire un peu la pression budgétaire, lever des recettes supplémentaires <em>et temporaires</em> chez les plus hauts revenus et les plus grands patrimoines privés me paraît être une solution adaptée aux circonstances.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui est désolant, c&#8217;est de voir comment sont instrumentalisés des scandales fiscaux comme le niveau d&#8217;impôt sur le revenu acquitté par madame Bettencourt. J&#8217;ai entendu plusieurs chiffres dont aucun ne dépasse 20%. C&#8217;est, en effet, anormal quand la fiscalité sur le revenu repose que la progressivité de l&#8217;impôt. Mais ce n&#8217;est pas une fiscalité outrageusement &laquo;&nbsp;pro-riche&nbsp;&raquo; qu&#8217;il faut dénoncer dans ce cas : il s&#8217;agit surtout de l&#8217;effet néfaste des niches fiscales en tous genres qui sont le fruit d&#8217;un lobbying intense de certains intérêts privés et de l&#8217;inaptitude des législateurs et des gouvernements à voir plus loin que le bout de leur nez. J&#8217;ajoute que les niches fiscales, dont la nature est surtout incitative, sont tout indiquées si l&#8217;on veut créer des distorsions économiques qui n&#8217;ont aucun sens&#8230; tout en créant une mine d&#8217;or pour les avocats fiscalistes.</p>
<h4 style="text-align: justify;">L&#8217;inefficacité économique de la mesure</h4>
<p style="text-align: justify;">Je vais passer rapidement sur ce point qui consiste en un contestation purement budgétaire d&#8217;un tel taux d&#8217;imposition. La courbe de Laffer (fortement décriée à gauche car imprégnée d&#8217;idéologique &laquo;&nbsp;ultralibérale&nbsp;&raquo;) indique qu&#8217;il existe un taux optimal d&#8217;imposition qui maximise la recette (et un autre qui maximise la croissance économique mais ce n&#8217;est pas le sujet ici). Quand on dépasse un certain seuil, l&#8217;assiette de l&#8217;impôt (c&#8217;est-à-dire la base de ce qui est taxé) disparaît : soit elle change de nature, soit elle s&#8217;enfuit.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est ce qui arriverait sans doute aux gros revenus alors que notre pays est bordé par des gouvernements dont la fiscalité est bien plus clémente et que les frontières sont perméables pour les hommes et leurs biens. En conséquence, il est fort probable que François Hollande, en adoptant cette mesure, ne parvienne pas à &laquo;&nbsp;faire payer les riches&nbsp;&raquo; et n&#8217;apporte au Trésor public que 300 maigres millions d&#8217;euros.<sup><a href="http://hohenfels.fr/2012/03/la-nouvelle-maladie-hollandaise-francois-hollande-75/#footnote_0_239" id="identifier_0_239" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Les Echos du 9 mars 2011,&nbsp;opinion de Philippe Baillot : lien.">1</a></sup></p>
<h4 style="text-align: justify;">L&#8217;étroitesse d&#8217;esprit mène à la démagogie</h4>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;erreur la plus grossière de cette logique punitive est qu&#8217;elle se fonde sur une lecture franchement étroite et fausse de la situation de nos élites et de l&#8217;origine de nos &laquo;&nbsp;gros revenus&nbsp;&raquo; dont certains sont, en effet, versés sans vraiment que le bénéficiaire soit très méritant. En réalité, et c&#8217;est assez peu étonnant, le camp socialiste (mais aussi, dans une certaine mesure, la droite française) s&#8217;exonère d&#8217;une analyse critique et inconfortable de l&#8217;élitisme français.</p>
<p style="text-align: justify;">Le problème selon moi est le suivant : il n&#8217;existe qu&#8217;un nombre très limité de voies d&#8217;accéder à des postes de direction et de responsabilité : les grandes écoles dont l&#8217;incontournable et toujours aussi influente Ecole Nationale d&#8217;Administration, qui fournit à la République presque tous ses cadres administratifs. Le bassin de recrutement est non seulement très restreint mais aussi parfaitement intégré : les réseaux tournent à plein régime et je ne crois pas que l&#8217;on verra dans les jours qui viennent un chef de grosse entreprise ou un directeur général d&#8217;administration qui aurait eu une carrière purement universitaire, par exemple.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette situation n&#8217;est que trop logique : ces voies d&#8217;entrées sont rares tandis que le restant de l&#8217;enseignement supérieur a, sauf exception, abandonné tout rêve d&#8217;excellence professionnelle en se sacrifiant sur l&#8217;autel de l&#8217;égalité de tous face à l&#8217;éducation. Ainsi a-t-on des universités surchargées et sous-financées, peuplées d&#8217;étudiants qui auraient bien mieux trouvé leur chemin dans des formations plus courtes et plus professionnalisantes tandis que les autres ne reçoivent pas l&#8217;encadrement nécessaire pour ferrailler dignement avec les rejetons des grandes écoles.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus inquiétante encore est la prépondérance des énarques qui dominent l&#8217;administration et le secteur privé : tous les PDG de grandes banques françaises sont issus de l&#8217;Inspection générale des finances ; Michel Pébereau, ancien patron de la BNP, n&#8217;étant pas le moindre d&#8217;entre eux. Encore une fois, cela n&#8217;a rien de surprenant : pour faire du business en France, il est fortement recommandé d&#8217;avoir d&#8217;excellentes relations avec le gouvernement et l&#8217;administration, lesquels sont des acteurs à part entière de l&#8217;activité des entreprises bien en vue (régulations, subventions, marchés publics).</p>
<p style="text-align: justify;">Comment s&#8217;étonner, dès lors, que l&#8217;offre de managers de haut vol soit si restreinte en France ? Et donc que leurs salaires soient si hauts et, parfois, tant déconnectés de leur apport réel à l&#8217;organisation qu&#8217;ils président ?</p>
<p style="text-align: justify; font-size: 90%;"><em>Au passage, il faut arrêter avec l&#8217;argument selon lequel des salaires + bonus + avantages auraient pour conséquence de faire partir à l&#8217;étranger les seuls managers capables. Je serais prêt à parier que les entreprises du CAC regorgent de cadres supérieurs moins réseauteurs mais dotés de toutes les capacités pour faire tourner la boutique. Seulement voilà, ils n&#8217;ont pas de potes au cabinet du ministre des Finances.</em></p>
<p style="text-align: justify;">En conséquence, une fois n&#8217;est pas coutume, je formulerai deux contre-propositions à la démagogie de Hollande :</p>
<ul>
<li style="text-align: justify;">Relancer l&#8217;enseignement supérieur en clouant le bec de l&#8217;UNEF et en abandonnant l&#8217;idéologique égalitaire pour que l&#8217;université soit plus restreinte mais mieux dotée (sélection à l&#8217;entrée, frais de scolarités revus à la hausse avec les dispositifs de financement adaptés derrière, fin du caractère national des diplômes et développement de formations mi-intellectuelles/mi-professionnalisantes etc.) pour que, dans plusieurs années, les entreprises se rendent compte qu&#8217;il n&#8217;y a pas que les grandes écoles pour recruter leurs cadres. Cela aurait aussi l&#8217;intérêt d&#8217;offrir une variété plus grande de parcours, notamment pour ceux qui n&#8217;ont pas les nerfs pour réussir 2 années de prépa ;</li>
<li style="text-align: justify;">Fermer l&#8217;ENA pour que les personnes à même de conseiller et de dialoguer avec le gouvernement ne soient pas toujours les mêmes et ainsi élargir les possibilités de recrutement des grands groupes français. En profiter pour revoir en profondeur les régles de déontologie contre le pantouflage et les avantages conférés à certains intérêts privés.</li>
</ul>
<p>Je doute, naturellement, que les socialistes s&#8217;inspireront de ce qui précède.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_239" class="footnote"><em>Les Echos </em>du 9 mars 2011, opinion de Philippe Baillot : <a href="http://www.lesechos.fr/opinions/points_vue/0201935563773-derapage-fiscal-incontrole-299961.php">lien</a>.</li></ol>]]></content:encoded>
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