Archive for the 'Élections 2012' Category

Au revoir, Sarko

D’ordinaire, je n’aime pas le pathos. La sentiments personnels sont trop souvent galvaudés et utilisés sans aucune sincérité pour gagner des points dans une conversation, surtout quand des sujets politiques sont en jeu. Pourtant la défaite de Nicolas Sarkozy hier soir m’a fait un petit quelquechose, en voyant disparaître de notre vie politique une tête familière et un homme que, aujourd’hui encore, je ne puis m’empêcher de trouver sympathique. La défaite d’hier n’est pas une surprise mais cela n’empêche pas d’accuser le coup moins bien qu’on ne l’aurait souhaité.

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La tête à claque et le chef d’entreprise

Nicolas Dupont-Aignan est un ancien élève de l’ENA (1989) et de Sciences Po. Il n’a jamais mis un orteil dans une entreprise en tant que professionnel, n’a jamais dû embaucher ni licencier des personnes dans le cadre d’une activité économique productrice de richesses… ce qui lui permet d’avoir, sans états d’âme, le comportement le plus ordurier qui soit avec ce brave chef d’entreprise.

Je ne suis pas fan des descriptions manichéennes, mais là, ce n’est pas de ma faute si c’est ainsi, binaire et sans nuance : un politicien puant et un homme humble.

Le défaut sur la dette, c’est beau, c’est chouette

Depuis plusieurs jours, je songe à faire un petit billet sur Mélenchon. Une discussion avec un camarade d’études qui s’apprête à voter pour lui m’avait fortement poussé dans cette direction. En l’absence de temps, je me fais le relais de cette vidéo publiée par un « collectif de citoyens » mélenchonistes, qui décrit avec simplicité et, sans doute, un brin d’humour les raisons pour lesquelles « le Riche » est responsable de la dette publique et pourquoi faire défaut est une bonne idée. La voix off est celle de l’inénarrable Clémentine Autain.

J’hésite entre illettrisme et démagogie.

Le Wall Street Journal et l’immigration en France

Dans un édito plutôt très bien envoyé, le quotidien business de tendance conservatrice qu’est le Wall Street Journal renomme le président français « Nicolas Le Pen », critiquant fortement son discours contre une immigration massive.

Cette petite nouvelle fait frémir la twittosphère, mais cela n’a rien d’intéressant si ce n’est qu’il est ironique de voir le petit monde médiatique qui, il y a quelques mois, demandait sottement la tête de Rupert Murdoch sur un plateau d’argent, chanter aujourd’hui les louanges d’un des journaux phare de News Corp. dont le soutien au parti républicain américain n’est un secret pour personne.

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Les tristes heures de la presse française

On ne se souviendra peut-être pas de cette campagne tant elle n’a rien d’extraordinaire quant aux idées avancées et à la personnalité des candidats. Dans les deux principaux camps politiques, le coeur n’y est pas vraiment. En revanche, cette période électorale restera dans mon souvenir comme celle où la presse française a atteint des tréfonds de médiocrité.

Il ne fait aucun doute qu’une très vaste majorité des journalistes et assimilés souhaite l’élection du candidat socialiste François Hollande. Il n’y a pas besoin de sondage pour cela : il suffit de regarder les titres de la presse et l’attention des nos grands journaux nationaux. Tandis que Le Figaro roule toujours pour la majorité avec la bêtise partisane qui le caractérise depuis plusieurs années, les autres grands quotidiens comme Le Monde ou Libération (si tant est qu’ils méritent un tel épithète) ne cachent pas leur soutien à François Hollande, quitte à abandonner pour de bon leur mission d’information et à user sans vergogne de leur statut sacré de « poumon de la démocratie ».

En témoigne cette Une très sournoise de Libération qui, quelques mois plus tôt, vendait ses pages comme un vulgaire tract du PS : « C’était Sarkozy » annonce le hors-série, proclamant implicitement que l’élection est déjà jouée et que Hollande sera le futur chef de l’État. En pratique guerrière, on appelle ça saper le moral des troupes. Par ailleurs, en assommant l’opinion avec l’idée que la victoire socialiste est déjà là, les médias de gauche veulent rendre difficile toute contestation. Le pire dans tout cela, est que si un candidat de droite se risquait à émettre un avis ne serait-ce que confiant quant à la prochaine échéance électorale, ces individus gémiraient sur l’irrespect de ce candidat envers le peuple souverain. Deux poids, deux mesures.

Les exemples sont très nombreux : le programme de François Hollande, dont la stabilité et la solidité sont comparables à celles d’un flan sur son lit de caramel, n’est jamais sérieusement mis en cause par les journaux, tandis que celui de la droite (que je ne trouve pas parfait, loin de là) est soumis à l’insatiable « esprit critique » de notre caste médiatique.

Je vous invite à lire ce billet de la journaliste belge Charline Vanhoenacker qui suit le train de campagne de François Hollande. L’esprit de cour n’est pas qu’une tare de militants et de conseillers politiques : la valse des flagorneurs frappe de plein fouet les journalistes de gauche qui « se voient déjà l’Élysée » et filtrent ce qu’il faut publier pour ne pas abîmer l’image de leur poulain.

Pendant ce temps, le grand corps des journalistes parisiens se regarde le nombril en pensant aux deux reporters de guerre morts en Syrie : « Qu’elle est belle, notre profession ! » pensent-ils avant d’aller faire du mauvais esprit au sujet du meeting de Villepinte. Ça ne vous a jamais interpelés, vous, que Twitter ait autant de succès chez les journalistes ? À croire que les 140 caractères leur fournissent une bonne excuse pour n’avoir jamais rien d’intelligent à dire