
Le 22 juillet 2011, le Norvégien Anders Behring Breivik perpétrait deux attentats à Oslo et sur l’île d’Utøya faisant 77 morts. Les motivations de ce criminel sont vites apparues : il s’agissait d’un mélange politique et mental. Breivik était pour ainsi dire conservateur et clairement islamophobe. Ses références étaient aussi variées que Bat Ye’or, Gandhi et Edmund Burke et sa préoccupation principale semblait être le « marxisme culturel » et le développement d’Eurabia. Arrêté par la police norvégienne et poursuivi en justice pour ses crimes, cet homme a aussi été diagnostiqué comme souffrant de schizophrénie.
Ces événements ont suscité un émoi très important en Europe et dans le monde entier : un carnage pareil était inattendu dans un pays réputé aussi tranquille que la Norvège. Une vague d’indignation et de crainte s’est saisie de l’opinion : apparemment, la menace de l’extrême-droite pesait toujours. C’était vrai : manifestement, un fou armé pouvait causer la mort de dizaines de personnes au nom d’une opinion politique obsédée par l’immigration musulmane.
Cela a suffi aux grands donneurs de leçon de l’opinion pour rappeler combien le risque restait prégnant, même en France, et pour mettre en garde contre les conséquences d’un discours politique par trop identitaire, nationaliste et sceptique à l’égard de l’immigration. Et de rapprocher implicitement Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy, et tout ce que le spectre politique français compte de personnalités adoptant des positions « dures » sur l’immigration et l’identité nationale, du dingue d’Oslo. Un amalgame odieux s’établissait entre le « conservatisme » de certains et le délire criminel d’un psychopathe.
Cet avis contraste fortement avec la façon dont ont été traitées les tueries de Montauban et Toulouse.







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