Au revoir, Sarko

D’ordinaire, je n’aime pas le pathos. La sentiments personnels sont trop souvent galvaudés et utilisés sans aucune sincérité pour gagner des points dans une conversation, surtout quand des sujets politiques sont en jeu. Pourtant la défaite de Nicolas Sarkozy hier soir m’a fait un petit quelquechose, en voyant disparaître de notre vie politique une tête familière et un homme que, aujourd’hui encore, je ne puis m’empêcher de trouver sympathique. La défaite d’hier n’est pas une surprise mais cela n’empêche pas d’accuser le coup moins bien qu’on ne l’aurait souhaité.

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La querelle catholico-libérale

Article publié sur Antidoxe.eu.

En ce lundi de Pâques, la délicieuse lecture d’un billet intitulé « Si l’AFP existait en 33… » sur Le temps d’y penser m’a emmené plus loin dans les articles rédigés par son auteur, Incarnare : je suis donc tombé sur un texte posté en novembre dernier, « Pour un libéralisme bien compris », lequel répondait à deux autres billets respectivement de Charles Vaugirard et de Patrice de Plunkett.

Incarnare répond, avec un agacement apparent, aux deux autres blogueurs catholiques, qui se sont, selon lui, fait « une respectabilité à peu de frais » en dénonçant le libéralisme économique, tendance qui est on ne peut plus conventionnelle dans le débat politique national… depuis belle lurette.

Puisque ce jour est férié et que j’ai un peu de temps, j’ai pensé que je pourrais bien mettre mon grain de sel dans cet échange, quitte à arriver plusieurs mois après la bataille. Je laisserai de côté le billet de Plunkett, qui ne consiste en fait que dans la relation de propos tenus par Jean Arthuis et qui servent de prétexte au blogueur pour se payer les « idéologues libéraux ».

S’il est difficile de démêler l’écheveau des critiques antilibérales formulées par certains catholiques, d’autant plus qu’il est bien souvent gâté par quelques clichés sommaires ou des déclarations à l’emporte-pièce, je vais essayer ici d’y remettre de l’ordre et d’y répondre au mieux.

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La tête à claque et le chef d’entreprise

Nicolas Dupont-Aignan est un ancien élève de l’ENA (1989) et de Sciences Po. Il n’a jamais mis un orteil dans une entreprise en tant que professionnel, n’a jamais dû embaucher ni licencier des personnes dans le cadre d’une activité économique productrice de richesses… ce qui lui permet d’avoir, sans états d’âme, le comportement le plus ordurier qui soit avec ce brave chef d’entreprise.

Je ne suis pas fan des descriptions manichéennes, mais là, ce n’est pas de ma faute si c’est ainsi, binaire et sans nuance : un politicien puant et un homme humble.

Le défaut sur la dette, c’est beau, c’est chouette

Depuis plusieurs jours, je songe à faire un petit billet sur Mélenchon. Une discussion avec un camarade d’études qui s’apprête à voter pour lui m’avait fortement poussé dans cette direction. En l’absence de temps, je me fais le relais de cette vidéo publiée par un « collectif de citoyens » mélenchonistes, qui décrit avec simplicité et, sans doute, un brin d’humour les raisons pour lesquelles « le Riche » est responsable de la dette publique et pourquoi faire défaut est une bonne idée. La voix off est celle de l’inénarrable Clémentine Autain.

J’hésite entre illettrisme et démagogie.

Le syndrome d’Oslo

Le 22 juillet 2011, le Norvégien Anders Behring Breivik perpétrait deux attentats à Oslo et sur l’île d’Utøya faisant 77 morts. Les motivations de ce criminel sont vites apparues : il s’agissait d’un mélange politique et mental. Breivik était pour ainsi dire conservateur et clairement islamophobe. Ses références étaient aussi variées que Bat Ye’or, Gandhi et Edmund Burke et sa préoccupation principale semblait être le « marxisme culturel » et le développement d’Eurabia. Arrêté par la police norvégienne et poursuivi en justice pour ses crimes, cet homme a aussi été diagnostiqué comme souffrant de schizophrénie.

Ces événements ont suscité un émoi très important en Europe et dans le monde entier : un carnage pareil était inattendu dans un pays réputé aussi tranquille que la Norvège. Une vague d’indignation et de crainte s’est saisie de l’opinion : apparemment, la menace de l’extrême-droite pesait toujours. C’était vrai : manifestement, un fou armé pouvait causer la mort de dizaines de personnes au nom d’une opinion politique obsédée par l’immigration musulmane.

Cela a suffi aux grands donneurs de leçon de l’opinion pour rappeler combien le risque restait prégnant, même en France, et pour mettre en garde contre les conséquences d’un discours politique par trop identitaire, nationaliste et sceptique à l’égard de l’immigration. Et de rapprocher implicitement Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy, et tout ce que le spectre politique français compte de personnalités adoptant des positions « dures » sur l’immigration et l’identité nationale, du dingue d’Oslo. Un amalgame odieux s’établissait entre le « conservatisme » de certains et le délire criminel d’un psychopathe.

Cet avis contraste fortement avec la façon dont ont été traitées les tueries de Montauban et Toulouse.

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